Baldassare est un commerçant paisible de Gibelet (l’actuelle Byblos, au Liban). Réputé pour ses livres rares et ses curiosités, il est assailli de questions au sujet d’un ouvrage mythique, Le Centième nom, qui contiendrait le nom caché de Dieu et qui permettrait de sauver le monde de sa fin toute proche. Car nous sommes à quatre mois de 1666, dite l’année de la Bête, les prophètes annoncent l’Apocalypse, et la peur envahit les esprits. Mais lorsque Baldassare, sceptique et un peu maladroit, se voit par hasard offrir le livre magique, il le revend immédiatement. Conscient de son erreur, il se lance dans un long voyage (le périple annoncé) afin de récupérer le précieux ouvrage.
C’est une belle adaptation d’un livre d’Amin Maalouf que signe Joël Alessandra (ce sera une trilogie). L’auteur a beaucoup voyagé, et il y a dans sa plume aquarellée la vie et la vérité des personnages qu’il nous raconte, cette évidence tranquille qui nous rend soudain si proches du lointain. Et il faut dire qu’on aime parfois y être, ailleurs et autrefois, dans un monde où les peuples se croisent et se rencontrent vraiment, où l’on s’échange et l’on échange, curieux et amoureux, des livres et donc des autres, ah ! le beau monde qu’on aurait pu avoir, tiens quand j’y pense…
Une jolie fable donc, le petit tour du monde d’un homme d’esprit à la vie rangée sur des étagères bouleversée par le mouvement et l’aventure, et par l’amour aussi car nous sommes avant tout des hommes, une quête initiatique originale et colorée, vive et sensuelle, calme et profonde.
Oui ma sœur, c’est un peu une invitation au voyage, où là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté.
Mathieu
J'M : Un chercheur de livres rares, un ouvrage maudit, une quête à travers les pays... Si vous aimez ouvrir des portes, tentez celle-ci : La Neuvième Porte, un film de Roman Polanski de 1999. A mes yeux, ce n'est franchement pas son meilleur film, mais les ingrédients sont tellement savoureux... Et pour boucler la boucle, les références à Tintin y sont multiples.
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