mercredi 26 octobre 2011

"Princess Jellyfish" d'Akiko Higashimura : Une Princesse et une Méduse

Quelle belle surprise en ce début d'automne que le premier tome de la série "Princess Jellyfish" paru chez Delcourt le 12 octobre !

Aux premiers abords sceptique par la couverture, je me suis laissée complétement enchanter par ce conte de fées moderne. A mi-chemin entre un Cendrillon et un Pygmalion, l'auteur Akiko Higashimura, nous transporte dans le monde étrange des fujoshis.

Ces "filles pourries" (traduction littérale du terme "fujoshi") sont l'équivalent féminin de l'otaku. Recluses, souvent désintéressées, voire effrayées, par leur apparence physique, par la mode, ou par les garçons en règle générale, elles se sont ici regroupées dans une pension de famille où elles vivent entre elles, sans travail et avec un contact minimum avec le monde extérieur (à l'image de cette mangaka vivant avec elles et qui communique avec le reste de la maison par des messages passés sous la porte).

Seulement voilà, un jour leur petit monde va s'écrouler quand notre héroïne, Tsukimi, dingue incontestée de méduses, va ramener malgré elle un tourbillon du nom de Kurako. Cette jeune fille bien trop "fashionable" pour la pension va être tout de suite rejetée par l'ensemble des filles présentes. Mais cette dernière ne semble pas vouloir partir et s'entête à rendre visite à l'incrédule Tsukimi.
Et l'histoire ne s'arrête pas là, car très tôt on nous révèle que la belle Kurako est en fait Kuranosuke, le jeune fils d'une famille aisée et bien décidé à tracer son chemin dans la mode, et déguiser en fille s'il le faut, au nez et à la barbe de son politicien de père.

Et c'est là que Princess Jellyfish tire véritablement son épingle du jeu pour moi. Je ne dirais pas qu'on est loin des clichés, mais quand même, l'auteur arrive à nous faire adhérer à cette univers drôle et haut en couleur. Les fujoshis sont plus imprévisibles les unes que les autres et la relation entre Tsukimi et Kuranosuke est un enchantement. D'un côté vous avez la jeune fille qui avait rêvé comme toutes les autres qu'un jour elle deviendrait une princesse, mais ayant abandonné ce rêve s'était lancée, sans apparents regrets, à fond dans sa passion : les méduses. Et de l'autre, Kuranosuke, qui est à tour de rôle tourbillon provocateur, princesse, marraine la bonne fée, prince charmant, femme fatale et j'en passe, et qui est une énigme ô combien charismatique !

Un véritable bijou que je recommande à tous les lecteurs, filles ou garçons, jeunes ou vieux, pour sa fraîcheur, sa légèreté et sa poésie !


--Julie

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